Ce chapitre est la suite de l'interwiew du président d'Encens du Monde" ( page "l'éthique selon la marque "Encens du Monde")
Ici vous allez découvrir quelques uns des ingrédients des principaux encens
Les encens japonais
La culture japonaise est synonyme de raffinement. Le retrouve-t-on dans ses encens ?
Tout à fait. Le Japon a une longue tradition de l’encens, depuis plus de quinze siècles. Les Japonais ont une très grande qualité de fabrication, grâce à leur expérience. Notre fournisseur exerce son activité depuis six siècles ! Travailler avec eux est un plaisir, on obtient sans trop de difficultés la plus haute qualité.
Qu’est-ce qui caractérise cette fabrication ?
Le fait que les baguettes d’encens soient élaborées comme des spaghetti : la pâte est composée de bois, de plante et d’eau chaude, avec séchage lent. Il ne s’agit donc pas d’une matière enrobée autour d’un bâtonnet. La fumée qui s’en dégage est beaucoup moindre, ce qui est un gage de qualité et de raffinement.
Quels ingrédients utilisent-ils ?
La base est en grande partie faite de bois de Taboo, un liant naturel noble qui a peu d’odeur et permet une meilleure expression des plantes utilisées. Les Japonais privilégient les aromates : cannelle, clou de girofle, santal… Ces arômes sont naturels, à l’exception de rares senteurs comme la rose, que l’on retrouve dans quelques références sous une forme synthétique : le prix de l’huile essentielle de rose est exorbitant, et il est totalement exclu qu’elle soit incorporée à quelque encens que ce soit.
On imagine volontiers que l’usage des encens au Japon est lié à la pratique du Bouddhisme ?
Oui, mais pas exclusivement. La pratique qui est liée au Bouddhisme s’appelle “Osenko”, elle a longtemps été prédominante au Japon. Mais il en existe une autre qui séduit beaucoup les jeunes générations, “Oko”, liée aux arts de la maison.
Les encens tibétains
Les encens tibétains sont-ils fabriqués… au Tibet ?
Non, bien sûr, pas depuis l’annexion. Les moines tibétains sont réfugiés au Népal ou en Inde, et c’est là qu’ils fabriquent ces encens. Qui font donc vivre des Tibétains ! Ceux que nous avons sélectionnés sont élaborés selon des recettes de moines et médecin reconnus comme le Docteur Lobsang Dolkar Khangar et sont clairement rattachés à l’activité d’un dispensaire : ce sont les mêmes plantes qui sont utilisées pour les médicaments qu’ils élaborent, et leur vente aide cette clinique à exister. L’utilisation des encens par les Tibétains ne se limite en effet pas à la spiritualité et aux monastères. Elle implique la connaissance de la médecine des plantes, les médecins étant d’ailleurs botanistes.
Quels types de plante sont utilisés dans leur composition ?
Un grand nombre, dont la majorité n’est pas commune, à part la muscade, la cardamome, le rhododendron ou la myrrhe qui nous sont familiers… La base de la pâte est faite de genévrier et d’eau chaude, comme pour les encens japonais. Ces encens sont par contre plus bruts, plus proches de la nature. Ils évoquent le Tibet, la montagne, on peut les caractériser de “rustiques…” Les nôtres sont 100 % naturels et sont le fruit d’un travail engagé, altruiste. Mais beaucoup sur le marché sont de mauvaise qualité, il ne faut pas se fier aux étiquettes qui parfois s’autorisent n’importe quoi, y compris la tromperie…
D’autant que le Tibet bénéficie de la sympathie de nombreux Français et d’un inévitable effet de mode… Quel usage peut-on faire de ces encens ?
Leur énergie est liée au feu, ils s’utilisent plus volontiers en période froide, sont adaptés à l'hiver et favorisent le calme et l’apaisement. Leur odeur est boisée et herbale, elle manque à l’occidental qui ne fait plus guère de feu dans la cheminée… L’utilisation de l’encens tibétain correspond un peu à cette énergie-là.
Les encens ayur-védiques
L’expression même de l’encens “médicinal” ?
Probablement. Il s’agit clairement de produire un effet sur l’organisme, mis en évidence par une médecine indienne qui a longtemps été oppressée et qui trouve actuellement l’intérêt des occidentaux, l’Ayur Veda. Selon cette médecine, chaque plante a un effet, une résonance au niveau psychosomatique, et donc au niveau du corps.
Leur utilisation n’est-elle pas trop difficile ?
Les sept encens correspondent aux sept chakras. Tel quel, il faudrait effectivement quelques connaissances. Mais nous avons fait en sorte que chacun puisse s’y retrouver : ainsi “Visshuda”, le chakhra de la gorge est-il devenu “pureté”, “Manipura”, le chakhra du nombril, “énergie”, etc…
On suppose une grande rigueur de sélection et de fabrication, du fait de l’usage “médicinal”…
Un soin exceptionnel est apporté dans le choix des ingrédients et de leur pureté, mais aussi de leur dosage, qui est très précis. Comme pour nos encens tibétains, leur fabrication est liée à l’activité d’une clinique. On utilise des odeurs “symboles”, comme le patchouli (qui est une variété proche de la menthe), le santal… Les encens sont faits à la main, roulés autour d’un bâtonnet de bambou. Le bois qui sert de base à la pâte est le Juggut, utilisé pour sa capacité à compacter. Des huiles essentielles sont également rajoutées à cette pâte.
Les encens indiens
Souvent considéré comme étant de l’encens des hippies, celui qu’on a découvert dans les années soixante-dix…
Ils constituent malheureusement la grande majorité des encens bas de gamme que l’on trouve dans tous types de commerces, à un euro les vingt… Il faut toutefois distinguer trois types de fabrication :
Les encens “de trempage” : bâtonnets enrobés de charbon et de poudre d’un bois neutre, qu’on trempe dans un bain de parfums synthétiques. Certains parmi ces encens ont une senteur élaborée, comme ceux des grandes marques de parfum, mais le principe de fabrication reste le même, synthétique.
Les encens “masala” : dans la pâte, on inclut des composants solides de plante, de poudre de bois ou de résine, avec des huiles essentielles. L’ensemble est tourné autour du bâtonnet de bambou. La qualité est souvent bien meilleure.
Les encens “durbar” : leur pâte conserve toujours un aspect humide, elle est préparée avec une gomme qui lui donne sa consistance molle. Leur fabrication demande un gros travail. Ces encens sont d’une grande puissance aromatique.
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